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avril 23, 2005

Deuxième journée

Un rayon de soleil vint frapper le haut de mon visage, Camille venait à l'instant d'ouvrir le rideau de sa chambre. C'est alors, après les quelques secondes nécessaires pour reprendre mes esprits, que je réalisai ce qui c'était passé entre nous. La situation n'était pas simple en fait.

Je ne savais que dire, que faire, je me demandais comment Camille réagirait après la nuit que nous avions passée ensemble. Je dois dire que l'attitude de Camille ce matin-là fut, pour moi tout du moins, des plus surprenantes. Elle vaquait à ses occupations matinales, faisant ce que je pense être son rituel du matin. Elle se promenait dans la pièce vêtue pour seul habit d'une petite culotte blanche et d'un t-shirt blanc aussi. Elle ramassa ses affaires, et me dit le plus naturellement du monde que le petit déjeuner était prêt. Un observateur venu de l'extérieur et ne sachant rien de ce qui venait de se passer la veille aurait conclu que nous sommes finalement un couple normal, établi depuis quelque temps. Mais il n'en était rien. Moi, maladroit à souhait et gêné pour des raisons qui se veulent obscures jusqu'à aujourd'hui je ne disais mot. J'essayais de percevoir les sentiments de Camille ; considérait-elle que ce qui venait de se passer entre nous était une aventure sans lendemain, ou le début d'une relation qui se prolongerait dans le temps. Je dois avouer qu'à ce moment-là je n'avais pas d'avis clair sur la question. Finalement, un peu troublé, je me levai échangeant quelques paroles des plus banales et nous déjeunâmes dans le silence. Ce silence je ne peux le qualifier de pesant, car sans parler chacun de nous essayait de comprendre ce qui venait de se passer, et dans le même temps nous étions heureux comme des enfants venant de réaliser un plaisir interdit. Je me souviens encore de ce petit déjeuner si rapide mais toutefois si étrange où Camille de ses yeux bleus me regardait avec ce petit sourire que j'aimais tant. Puis Camille se montra la plus courageuse de nous deux et fut la première à briser ce silence. Elle me demanda simplement de ne pas faire étalage au travail de ce qui venait de se passer et me demanda si je souhaitais garder notre relation secrète. Je lui proposais alors de partir au travail un bon quart d'heure avant elle afin de ne pas éveiller les soupçons. Elle fut d'accord et c'est ainsi que nous nous quittâmes, momentanément certes, car le travail allait nous rapprocher de nouveau. Cette journée de travail me parut longue car une question me taraudait l'esprit sans trouver de réponse. Le soir venu, que devrais-je faire ? Me fallait-il rentrer chez moi ou bien retourner chez Camille ? Camille n'avait fait aucune allusion sur ce qu'elle souhaitait.

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Peut-être était-ce pour voir mes sentiments, pour tester mon comportement ? En effet la question qui pouvait paraître banale à première vue n'était pas si simple. Je raisonnais ainsi : si je rentre chez moi (il le faudra car je dois changer de vêtements et faire d'autre tâches) elle risque de me prendre pour un macho qui, ayant eu ce qu'il voulait, pouvait repartir le cœur joyeux en sifflotant sans se soucier de la suite des événements. Mais alors, que faire ? Car si je retourne chez elle, serai-je le bienvenu ? N ‘aura-t-elle pas l'impression que je veux la posséder, la diriger, m'incruster dans sa vie sans que rien ne m'ait été explicitement demandé ? Tel Hamlet, j'étais devant un dilemme, bien que le mien ne fût pas de nature aussi tragique. Alors j'attendais, espérant au fond de moi voir Camille venir vers moi au bureau et m'indiquer la marche à suivre. Oui, mes pensées s'étant peu à peu remises en place au fil des heures mes sentiments envers elle devinrent plus clairs : je l'aimais, si tant est qu'il est possible d'aimer quelqu'un après à peine quarante-huit heures. Mais nous avions fait l'amour, dormi dans les bras l'un de l'autre, et ce n'était pas rien, en tout cas pas pour moi. Finalement je décidai de faire le premier pas et d'aller voir Camille. J'attendis le moment favorable ou elle fut seule à son poste. Je vins vers elle et d'un ton rapide et peu sûr je lui expliquai mes sentiments et demandai si pour elle il en était ainsi. Elle me sourit, se leva, vint m'embrasser discrètement et me dit : " Viens ici ce soir vers 18 h, je finirai de ranger des papiers et on pourra parler plus tranquillement de tout ça ". Je hochai la tête en signe d'approbation et repartis travailler. La journée passa lentement. À 18 h je me dirigeai donc vers le bureau de Camille. À son étage plus personne n'était présent en effet. Camille était ce jour-la vêtue d'un chemisier blanc et d'un tailleur noir très strict. Son visage assez pâle faisait un contraste des plus sublimes avec ses longs cheveux noirs. Nous discutâmes et rapidement je me rendis compte que pour elle non plus ce qui c'était passé n'était pas perçu comme une simple aventure. Elle me dit que néanmoins avant de vivre en couple nous devrions apprendre à nous connaître davantage.

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J'étais d ‘accord. Puis elle regarda autour d'elle et le style de la conversation changea quelque peu. Elle me disait qu'elle avait pris beaucoup de plaisir et que cela faisait longtemps qu'elle n'avait pas connu ça. Je lui fis comprendre que c'était réciproque. Au fil de ce dialogue devenu plus intime elle se rapprocha de moi puis vint m'embrasser. Nos lèvres se mêlèrent dans un succulent baiser plein de tendresse et de fougue. Sa main si douce se baladait sur mon torse et insidieusement commençait à déboutonner ma chemise. Nous étions pris dans ce jeu, seuls au monde sans penser à rien d'autre qu'à nous. Ma main caressa ses cheveux si soyeux et vint se fixer dans sa nuque. Elle se recula quelque peu et entreprit d'enlever son chemisier. Pendant ce temps j'ôtais ma chemise et me retrouvais torse nu. Elle prenait son temps, exagérant ses gestes à souhait. Elle dévoila son soutien-gorge en dentelle violette qui soutenait étroitement sa poitrine. Je lui dégrafai son soutien-gorge et pus admirer ses seins. Son joli 85 b bien ferme et haut sur la poitrine, les tétons fièrement dressés en disaient long sur son désir. Je les lui malaxai, je léchai ses seins de la base en remontant au téton que je suçai goulûment. Elle aimait ça, ses petits gémissements me le firent savoir. Elle m'agrippait par les cheveux, et pendant que ma bouche se délectait de ses seins, une de mes mains partit en expédition sur ses cuisses. Je remontai sa jupe. Elle écartait pudiquement ses cuisses sans trop en dévoiler à la fois. Délaissant ses seins je vins admirer le bas. Une jolie culotte en dentelle assortie se dévoila à mon regard. Ma main frotta sur sa culotte que je sentais déjà humide. Ma langue lécha le tissu pour faire monter le plaisir, puis je lui ôtai son dernier rempart. Là, surpris, je me rendis compte qu'elle s'était épilée depuis la veille et son sexe m'apparut sous un jour nouveau. Ses lèvres brunes étaient légèrement gonflées. Son clitoris se faisait discret, invisible au premier coup d'œil. J'entrepris de la lécher, elle assise sur le rebord de son bureau.

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Ma langue faisait de lents va-et-vient le long de sa fente, puis avec mes doigts j'écartais ses grandes lèvres. Alors je pus atteindre son clitoris et le lécher. Elle eut des spasmes de plaisir, ses gémissements devinrent plus accentués. Son bassin ondulait fortement sous l'action de mes coups de langue. Tout en continuant mes jeux de langues je lui rentrai l'index dans le vagin. L'action conjuguée de mon doigt et de ma langue en elle la firent s'envoler dans les hauteurs du plaisir. Cela continua des minutes entières jusqu'au moment où elle me réclama en elle. Je libérai alors mon sexe gonflé comme jamais, et vins le placer devant sa vulve déjà bien ouverte. Je la lui rentrais bien profondément, en douceur. J'arrivais à tout rentrer, après quoi je commençais un mouvement de va-et-vient qui s'accéléra au fil des minutes. Camille, si discrète en temps normal, hurlait littéralement de plaisir, me demandant de la défoncer. Sa chatte était trempée, mon sexe glissait avec une grande facilité en elle, mes couilles s'écrasaient contre ses fesses. Tout en continuant mon va-et-vient dans son puits d'amour, je malaxais ses seins ; elle, yeux fermés, bouche ouverte, ne cachait pas son plaisir. Je sentais le plaisir monter en moi à chaque coup de rein. Sa vue m'excitait ; elle, allongée sur le bureau, jambes écartées, la jupe remontée à la taille, jouissait sans aucune retenue. Le plaisir devenant trop fort, je jouis en elle de plusieurs jets puissants qui la firent tressaillir. Puis, m'étant retiré, je m'activais de nouveau sur son clitoris avec ma langue pour lui faire atteindre l'orgasme. Ce fut chose faite à peine quelques minutes après, quand sa chatte explosa sur mon visage d'une manière que je n'avais jamais vue auparavant. Elle avait hurlé de plaisir ; ses cuisses étaient maculées du liquide qu'elle venait d'expulser avec une force inouïe. Je me nettoyai, l'embrassai, et rentrai chez moi.

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Posté par Mélissa | Envoyé le 03:49 PM | Commentaires (0)

avril 12, 2005

Feux d'Artifice

J'avais tenté de vous faire comprendre les attraits si particuliers de mon amante, ce goût du jeu que nous partageons, et qui nous a placé en quelques occasions dans des situations pour le moins contradictoires. Vous sembliez perplexe, ne pas saisir l'intérêt ou le sel de telles expériences.
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Eh bien voici qu'une anecdote toute fraîche me donne l'occasion, en vous la rapportant, d'illustrer mon propos. L'affaire dont je veux vous parler me paraît d'autant plus remarquable qu'on ne peut rien y trouver qui soit vraiment à mon avantage. Je n'avais le contrôle de rien, et fus simplement la victime du ressentiment et des manigances de ma belle. Je vais donc tenter de vous communiquer la saveur paradoxale de cette aventure - et pardon par avance si je vous parais parfois encombrer mon récit de quelques détails superflus. Les faits sont tout récents : ils datent d’avant-hier, ce 14 Juillet, le soir même qui suivit notre conversation. Pour faire pièce aux réjouissances républicaines, nous avions Marie et moi organisé une grande réunion dans sa maison de Meudon. Ce fut une soirée très “Education Nationale”, malgré cette époque de vacances scolaires : Marie, vous vous en souvenez, est professeur de lettres, et il y avait là bon nombre de ses collègues encore présents dans la Capitale. D'amis en connaissances, et de connaissances en inconnus, l'assemblée réunissait peut-être de quarante à cinquante personnes, dont je ne devais pas connaître la moitié. Mais la maison est plaisante, vraiment ; adossée au bois de Meudon, deux étages, caves et grenier, avec cinq cent mètres carrés de jardin, elle semble conçue pour la fête, et elle s'avère en tous cas tout à fait pratique pour les amateurs de feux d’artifices : du second étage, on a en effet une vue imprenable sur Paris et donc sur le palais de Chaillot, d'où partent les fusées... Bref, la soirée avait débuté très tôt, et, en attendant l’heure de céder aux extases citoyennes que vous pouvez imaginer, nous avons pas mal abusé de boissons, de musique, ainsi que de jeux divers.Pour ce qui me concerne, je me tenais un peu en retrait : cette petite sauterie était plutôt celle de Marie et, en maître de maison attentif, je m'étais laissé investir du rôle stratégique d'intendant.
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C'est là une mission dont je sais m’acquitter avec bonheur, je vous l'assure, même quand les circonstances ne s'y prètent pas, et Dieu sait que ce soir-là elles ne s'y prêtaient nullement : chaleur insupportable, ambiance électrique, je me sentais terriblement... inadéquat. Je trouvais surtout que mon amoureuse, entourée qu'elle était de sa cour d’admirateurs au grand complet, exagérait un peu son côté “Reine de la soirée”. Marie il est vrai a toujours affecté un côté Diva en ce genre de situation, encouragée le plus souvent par la complicité acquise des membres de sa tribu. Et il faut avouer que, comme à son habitude, elle était tout à fait craquante. La petite robe courte, noire, coupée de bandes de dentelle, qu'elle avait passée pour l'occasion, dévoilait tout autant qu'elle masquait les creux les plus secrets de sa peau brune. Chaussée d'élégants escarpins elle jouait, impudique, de ses jambes magnifiques, gainées de bas noirs que retenait le bout d'une jarretelle, entr'aperçu parfois, lorsqu'un air de musique plus vigoureux que les autres amenait son cavalier à la faire virevolter au milieu de notre salon. Ou bien lorsqu'elle se laissait tomber, ensuite, feignant l'épuisement, au plus profond de l'un des fauteuils, jupe troussée au-delà du raisonnable... Un brin jaloux, je ne pouvais m'empêcher de l'admirer : ongles vernis, lèvres vermeilles, une stricte coupe au carré encadrait de mèches noires son minois ravissant. Bref, elle était au centre de la soirée et chacun semblait être tombé sous le charme de son jeu... Mais l'unanimité de ce succès ne pouvait me masquer longtemps quelques différences, quelques nuances dans le regard que chaque invité - surtout du type mâle - portait sur ma belle, particulièrement quand telle ou telle marque d'admiration semblait ne pas laisser Marie absolument indifférente. Attentif à ces différences de traitement, il m'apparut ainsi bien vite que l’un des invités présents semblait bénéficier, de façon privilégiée, des bonnes manières et des attentions de ma belle. J'en fus d'abord surpris. Le personnage en question était un nouveau venu - un ami d’ami - et Marie reste d’habitude très circonspecte avec les têtes nouvelles, préférant le plus souvent les succès quasi-assurés qu’elle sait pouvoir trouver auprès de sa bande.
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Et puis l'intrus m'avait paru d'emblée un peu épais - du genre gentil colosse (professeur d'éducation physique, il pratiquait je ne sais quel sport en qualité de professionnel, avais-je cru comprendre), ce qui ne constitue pas à priori le profil des hommes ayant les faveurs de mon amoureuse. Toujours est-il qu'il avait pratiquement passé le début de la soirée à se tenir collé aux basques de celle-ci, parlant fort, un bon mot de temps en temps, un moins bon le plus souvent... Et Marie, de façon évidente, ne faisait rien d'autre que l'encourager, d'un regard par-ci, d'un frôlement par-là, jambes haut croisées au fond d'un fauteuil quand l'animal se trouvait à ses côtés, allant même jusqu'à anticiper les offres de service de celui-ci dès que le moindre slow démarrait sur la platine. Mon mécontentement allait croissant, mais j'étais bien obligé de me contenir. Je crois avoir tenté à vingt reprises de faire comprendre à Marie, à demi-mot, combien son manège m’agaçait - hélas sans le moindre succès. Enfin, j'ai fini par profiter d’une reprise de la musique et d'un Sinatra liquoreux - elle n'a jamais su résister à Sinatra - pour l’arracher in extremis à une nouvelle invitation de l'importun et l’entraîner danser avec moi. Ce qui me permit enfin de lui faire part de façon explicite de toute ma mauvaise humeur.
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La riposte fut immédiate : non, elle n’accordait aucune faveur particulière au bonhomme, elle ne faisait rien d’autre qu’assurer au mieux son rôle de maîtresse de maison, et puis oui, elle apprécierait que ce soit un peu plus mon cas à moi, et, puisqu’on en parlait, sa jolie collègue agrégée d’histoire, que je courtisais assidument depuis le début de la fête devait bien être la seule à ne pas se plaindre de la qualité de mon service ! J’ai cru, chère Léa, que j'allais exploser devant tant de mauvaise foi ! D’autant que ladite collègue agrégée d’histoire - de fait une très jolie blonde d'une trentaine d'années - avait effectivement recherché ma compagnie, sans doute par compassion, et que j’avais précisément veillé à ce que nos échanges ne dépassent les strictes limites de la bienséance (je ne connais que trop ma donzelle et sa jalousie pathologique...). Bref, l’ambiance était lourde. Et en tous cas, mes remarques n’eurent aucun effet apparent : à peine la plage du disque terminée, Marie retourna à sa place, continuant à minauder et à encourager les manoeuvres de son collègue. La soirée avançait donc et les rangs de nos invités s’étaient un peu éclaircis, certains d'entre eux ayant voulu courir jusqu’au pas de tir du Trocadéro. Nous ne fûmes bientôt plus qu’une petite vingtaine. “Lui” était toujours là, et “Mon” historienne aussi. Il me devenait d’ailleurs délicat d’éviter cette dernière. Marie, en tous cas, ne se calmait pas, au point que chacun - du moins cela me paraissait à présent évident - devait remarquer son manège... et notamment la prof d’histoire, justement, qui me sembla même gênée pour moi, me jetant des regards à la dérobée chaque fois que Marie riait un peu fort à une pauvre répartie de son chevalier servant. Les exigences d'un service minimal firent qu'à un certain moment nous nous retrouvâmes ensemble à la cuisine, Marie et moi, afin de réapprovisionner nos invités. Je ne pus alors me défendre de lui dire tout ce que j'avais retenu à grand peine depuis le début de la soirée : elle était vraiment sans pudeur aucune, elle draguait ce type ostensiblement, sans la moindre vergogne, tout le monde s'en apercevait, un vrai spectacle, etc...
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Sa réaction fut une nouvelle fois étonnante, consistant à tout nier, en bloc. En gros, là, je délirais - et en devenais franchement agaçant. D'ailleurs, pour tout dire, "il" était nul, tellement nul que cela en était presque... touchant ! Comment pouvais-je me montrer jaloux d'un personnage pareil ? Mes soupçons étaient même quasiment insultants à son égard, à Elle : en quelque circonstance que ce soit, ce type était hors-jeu, jamais il ne saurait éveiller son intérêt, encore moins recevoir la moindre faveur de sa part. Et son petit côté macho et latin lover ne saurait suffire à la faire craquer, bien au contraire... es dénégations devinrent si excessives que loin de me rassurer, elles eurent le don de m'exaspérer encore un peu plus, et me poussèrent à commettre cette bévue que je regrette encore. Je ne me souviens plus, mot pour mot, de ce que je lui répondis alors - il faut dire que j’avais l'esprit brouillé, ayant toute la soirée tenté de compenser ma frustration dans les alcools - mais en tous cas je pris le contre-pied de ses beaux discours, me récriant que je la trouvais bien injuste vis-à-vis de son soupirant, qui sans nul doute ne méritait pas plus ses attentions outrancières que ses mépris affichés, et j'ajoutai que rien après tout, absolument rien pour l’instant du moins, ne garantissait que les manoeuvres éhontées dont elle se rendait coupable éveillent un réel intérêt de la part de notre invité, au-delà bien sûr de ce qu’exigeaient les règles du simple savoir-vivre. Il ne la fuyait pas, certes, mais qui chercherait à déplaîre à une hôtesse si attentive ? Bref, lui dis-je de façon fort peu diplomate, cette espèce de jeu auquel elle se livrait, ces manoeuvres, toute cette séduction qu’elle déployait, étaient d'autant plus pitoyables et déplacés qu'il était évident aux yeux de chacun qu'elle... se compromettait en vain, sans la moindre chance de succès ni le moindre sens du ridicule. Pendant tout le temps que dura mon morceau de bravoure, elle me regardait fixement, le regard brillant de colère, mais aussi avec une esquisse de sourire sur ses lèvres serrées. Je perçus à temps un risque, et ma fureur tomba d'un coup ; je cherchai quelque chose à dire, un nouveau commentaire susceptible de désamorcer l'affaire, quand, juste à ce moment, le bruit assourdi d'une explosion lointaine nous parvint, annonçant le départ du feu d'artifice.
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Posté par Mélissa | Envoyé le 03:45 PM | Commentaires (0)